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SOMMAIRE

Première partie : Une mariée, un mariage et un départ.

Deuxième partie : La malédiction des Maurepas.

Troisième partie : Le vent du large

Quatrième partie : Vent de terre

Cinquième partie : Vent de Guerre (Jusqu’à l’épisode 22 inclus)

Vent fort : cinquième partie

 

Episode 37

Tout d’abord, le vieil homme n’avait pas bougé de son tabouret, puis il s’était levé pour s’approcher de Maurepas lequel se leva aussi à son tour. Ils se faisaient face, chacun jaugeant l’autre. Malgré la fraîcheur que dispensait la grotte, Maurepas sentait la sueur couler dans son dos. Sa gorge était desséchée, il aurait aimé boire encore une rasade de ce vin à la robe noire que l’on servait en Hongrie. Un instant, il regarda du côté de la petite table, la carafe était presque vide, mais ce fond de liquide grenat lui aurait suffi. Plus rien d’autre n’avait d’importance. Les jambes de Maurepas se mirent à trembler, il dut faire un effort considérable pour ne pas se rasseoir. Il luttait contre sa propre volonté. Puis il eut faim, une faim insupportable. A nouveau son regard se fixa sur la tablette ou un restant de pain jouxtait un morceau de tomme dans laquelle on avait planté le couteau. Il régurgita. Mais cette fois, la tentation fut moins forte. Le temps semblait s’être figé depuis des heures, en réalité seules quelques minutes passèrent. Enfin, le vieil homme prit la parole.

– Tu as bien résisté. Je n’en attendais pas moins de toi. D’autres auraient succombé à la tentation instantanément.

Maurepas commençait seulement à reprendre ses esprits. Maintenant, il était frigorifié, ressentant réellement la température que la terre permettait de garder inchangée.

– Comme je te l’ai dit, il va falloir faire un choix. Je sais que tu possèdes une grande quantité d’or, et c’est la raison qui a poussé les paysans à vous attaquer.

Le vieux se tut attendant une réaction de Maurepas.

– Pour le moment, je ne vois pas de choix !

– Il vient, il vient. Soit tu me laisses tes sacoches d’or, soit tu me laisses ton cheval.

– Tu es malin, ainsi, je ne pourrais pas quitter les lieux et je serais à ta merci.

– Tu es trop suspicieux, mon ami. Je te donnerai mon âne, tu pourras aisément gagner le prochain village et acheter un cheval. Ils ont de petits chevaux racés qui viennent de Hongrie et qui ont l’endurance suffisante pour te conduire là où tu souhaites te rendre.

– De plus, qui sait où ce cheval a bien pu se perdre ?

– Voilà une ruse qui ne prend pas avec moi. Tu sais très bien qu’il t’attend et qu’il te sera facile de me conduire à lui.

Maurepas n’eut pas besoin de réfléchir longtemps, il savait qu’il n’y avait qu’une seule solution et que ce choix n’en était pas un.

– Je garde le cheval, fais ce que tu veux de mon or !

– Je n’en attendais pas moins de toi. Tu es rusé, mais tu sais quand la ruse doit cesser et quand il faut enfin décider d’agir. Pour sceller notre accord, je te propose de porter un toast. J’ai en ma possession un alcool vieux venu de l’autre côté des océans, il te plaira.

– Je préférerais partir sans tarder, je dois retrouver mon groupe.

– Ne te fais donc pas de souci, ils avancent à bon train, mais tu les rattraperas facilement. Il y a une route qui traverse par la montagne, une route oubliée de tous, une route de contrebandiers. Grâce à elle et ton cheval, tu regagneras le temps nécessaire que tu crois avoir perdu.

Maurepas resta debout, mais le vieil homme ne s’en préoccupa pas. Il ignora la volonté de son hôte et servit deux verres d’alcool. Puis il ajouta une feuille de papier.

– Mon ami…

– Cesse de m’appeler ainsi, je ne suis et ne serai jamais ton ami !

– Tu l’es déjà. Mon ami donc, voici le contrat qui nous lie. Ne cherche pas à le déchiffrer, tu n’y arriveras pas, par contre, daigne verser une goutte de ton sang.

L’homme attrapa la main de Maurepas, fit une petite entaille à la pointe d’un couteau qu’il portait à la ceinture et laissa tomber une goutte de sang sur la feuille. A la surprise de Maurepas, le liquide d’un rouge épais, s’évapora instantanément.

– Il fallait que je le voie pour en être sûr.

– Sûr de quoi, questionna Maurepas, intrigué par le changement d’attitude du vieil homme.

– De rien. Parlons peu, mais parlons bien, allons retrouver ton cheval.

L’homme prit la feuille, la déchira et la jeta au feu, il fit de même avec le contenu des verres ne laissant pas à Maurepas le temps de protester.

Une fois dehors, le vieil homme s’engagea dans la pente, et fila droit à travers les arbres. Ils étaient si resserrés qu’il faisait sombre alors que le soleil était déjà haut sur l’horizon. Mais d’où ils se trouvaient, ils ne pouvaient le savoir. Maurepas se prépara pour une longue marche, il devrait se battre contre les branchages enchevêtrés aux épineux. Aussi, il fut surpris de déboucher si vite sur un chemin de terre praticable. Le cheval attendait là, dans une immobilité si parfaite qu’on aurait pu croire une statue, seule l’incongruité du lieu permettait d’en douter. Le vieil homme s’arrêta et attendit que Maurepas détache les sacoches.

– C’est à toi de le faire, ce cheval pourrait me tuer d’une ruade si je m’approchais trop près de lui.

Maurepas s’exécuta, car une parole donnée était une parole sur laquelle on ne revenait pas. Il aurait pu facilement sauter sur l’animal et filer au grand galop, mais il ne le fit pas. Il tendit la sacoche et grimpa ensuite sur son cheval.

– La route dont je t’ai parlé viendra au bout de quelques kilomètres. Tu la reconnaîtras au premier coup d’œil, et si toi tu ne la vois pas, ton cheval se chargera de la prendre. Adieu.

Maurepas eut à peine le temps d’ouvrir la bouche que le vieil homme avait déjà disparu. Il se demanda même, s’il n’avait pas rêvé. Mais il n’eut pas besoin de se questionner longtemps, que déjà le cheval partait au galop. On aurait dit que lui aussi était pressé de quitter cet endroit inhospitalier.

Y a un endroit, aux confins de la voie Lactée, pour tout dire une petite maison dans laquelle y a un sieur qui fait rien qu’à écrire de commentaires desquels l’auteur tient à se dissocier. Cependant, j’y fais la bise quand même, je veux pas d’emmerde avec ses chats qui font rien qu’à griffer le manant honnête !

vent fort : épisode 38