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SOMMAIRE

Première partie : Une mariée, un mariage et un départ.

Deuxième partie : La malédiction des Maurepas.

Troisième partie : Le vent du large

Quatrième partie : Vent de terre

Cinquième partie : Vent de Guerre (Jusqu’à l’épisode 22 inclus)

Terre de feu : cinquième partie

Episode 67

Maurepas avait couru comme un fou, fouillant les différentes cabines. Il n’y avait trouvé personne. Passer de l’une à l’autre augmentait son angoisse. Etre seul sur ce navire fonçant toutes voiles dehors en pleine mer n’avait aucun sens. Il grimpa les escaliers quatre à quatre, déboula dans le roof, s’arrêta le temps de vérifier que le gouvernail était toujours calé. Il était important de maintenir un cap plein sud permettant de contourner la péninsule qui s’enfonçait dans la mer Egée. Par la suite, il serait ainsi possible de remonter vers l’Italie. Au loin, il distingua de petites embarcations de pêcheur. Il s’affola, cria à l’aide, traversa le pont pour rejoindre le gaillard d’avant. Il grimpa quatre à quatre les marches pour gagner la plate-forme. Les bateaux n’avaient pas bougé, pensant certainement que le voilier se dérouterait en abattant légèrement. Lorsqu’ils réalisèrent que ce ne serait pas le cas, les plus chanceux glissèrent le long de la coque du trois-mâts, les autres furent coupés en deux et les hommes broyés par la déformation des coques. Maurepas remonta le pont à la recherche de l’équipage, mais il n’y avait pas plus d’hommes à l’intérieur qu’à l’extérieur. « Les cabines arrière ! Il faut que je prévienne les autres, nous sommes abandonnés en pleine mer. » Tout en proférant ces mots, il gagna l’arrière du vaisseau. Les logements des invités étaient accessibles directement. Il manœuvra la poignée, entra dans la pièce principale, il ne trouva personne. On pouvait accéder aux autres pièces par les portes latérales. Affolé, Maurepas hésita, une peur soudaine l’envahit. Il réussit à prendre sur lui, passa les salles en revue une à une. Elles étaient désertes. Non seulement il n’y avait pas d’équipage, mais ses amis avaient eux aussi disparu.

Maurepas avait erré sur la coursive, cherchant à comprendre ce qui lui arrivait. Il aurait aimé, pour une fois, recevoir l’aide de son frère. Cette situation le plongea dans un profond désarroi, lui qui avait pour habitude de prendre les choses en main. Lucas n’avait qu’à suivre, peu importait son avis ou bien sa désapprobation. Maurepas dirigeait sa famille comme il gérait ses ouvriers.

Un long moment lui fut nécessaire pour arriver à se calmer et retrouver un semblant de cohérence. Il était arrivé à la conclusion que soit il faisait un mauvais rêve, soit il y avait là, une intervention mystérieuse qu’il se jura de découvrir. Il retourna près de la grande roue en bois qui orientait le navire dans la bonne direction. De chaque côté, on avait installé des bannettes, il s’assit jurant de ne pas fermer l’œil de la nuit et d’attendre le petit jour. Le mauvais rêve finirait bien à un moment ou à un autre.

La lune courait sur l’horizon que déjà l’aube naissait irradiant la mer d’une teinte mauve. Une fauvette vint se poser sur la bôme du mât d’artimon.

– La côte ne doit pas être loin pour que cet oiseau arrive jusqu’ici !

Maurepas tourna la tête d’un coup, il glissa de la bannette et se rattrapa comme il put au rebord. Solange sourit.

– Et bien, on peut dire que je te fais de l’effet.

– Où étiez-vous, je vous ai cherchés toute la nuit !

– Non aussi on t’a cherché toute la nuit. Je voulais te parler de notre débarquement. S’il ne valait pas mieux pousser un peu plus loin sur la côte et gagner la crique des Ponchettes qui…

Maurepas devint tout rouge et Solange ne fut pas dupe de son embarras, il bafouilla une réponse qui n’avait ni queue ni tête et finit par conclure que c’était impossible un point c’était tout. En réalité, il ne souhaitait pas prendre le risque de croiser son ancien ami Kostzakis et surtout sa fille Katerina et l’enfant qu’elle avait porté.

– On n’a qu’à se placer à quelques encablures de Bordighera, on y sera tranquille et les douaniers sont complaisants.

– Moyennant rémunération, mais on fera à ta façon, après tout, c’est ton argent !

Solange allait partir lorsque Maurepas l’interpella.

– Tu n’étais pas dans ta chambre et les autres non plus !

– En tous les cas, tu as trouvé plus agréable la compagnie des marins ! répondit Solange en revenant sur ses pas.

– Que veux-tu dire ?

– Tu fais ce que tu veux, cela ne me regarde pas.

– Explique-toi ! s’énerva Maurepas.

– Si on ne t’a pas trouvé, c’est que tu étais couché avec les marins… et ces marins ont des tendances qui sont connues de tous !

– De quelles tendances parles-tu ?

– Ne fais pas l’enfant, tu sais bien qu’il y a des hommes qui aiment les hommes.

– Mais, bafouilla Maurepas, outré qu’on puisse le soupçonner d’un tel comportement.

Solange était sur le point de quitter le pont pour regagner ses appartements, lorsque Maurepas se précipita vers elle et l’attrapa brutalement par le bras sous les yeux de Pivoine. Pivoine agrippa Maurepas par le col de sa veste et lui ôta le bras de sur Solange.

– De quoi je me mêle hurla Maurepas, à bout de nerfs.

– Il se mêle de me protéger quand un imbécile me maltraite.

– Qui t’a raconté ces histoires à mon sujet !

– Le capitaine.

– Quel capitaine, il n’y a plus un marin à bord, ils nous ont abandonnés à notre triste sort.

Maurepas était au bord des larmes. Pivoine, s’approcha, lui prit le menton et lui fit signe de regarder derrière lui. Une partie de l’équipage était rassemblée au-dessus du poste du skipper. Ils observaient la scène, silencieusement.

Pifou ! au secours… on m’a chouré l’huma dimanche avec Pif Gadget ! C’est encore un coup de Zorglub ! Il doit être de mèche avec un autre Zoglubien connu, je veux dire Macron dont le vrai nom, c’est Macronglub !

Un tas de bisous fous sur le Pif !

 

Terre de feu : épisode 68