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Le pavillon au fond du bois… : Edito n°1

par | Mar 10, 2022 | le pavillon | 0 commentaires

Premier volet qui fait suite à la lecture du pavillon des cancéreux de Soljenitsyne
Poème stalinien
Les arbres carrés se prenaient pour des cubes.
La longue ribambelle d’arcades fermait l’horizon.
Ils marchaient tous comme un seul homme,
D’un pas mécanique, automates à ressorts,
Ne voyaient rien mais entonnaient des cantiques.
Dans l’artère principale, les oiseaux effrayés
Tiraient à volonté de longues ritournelles.

Les cubes se prenaient pour des arbres carrés.
Dans leur tête parallélépipédique tournaient
Et retournaient de sempiternelles élucubrations.
Plus loin sur la place octogonale, allure claire,
Veillait une sentinelle verdie au regard interdit.
Elle gardait depuis des lustres les mausolées inutiles,
Monuments qui encombraient la perspective.
L’amour de l’histoire ritualisée se combinait sans fin,
Engendrait des étourneaux écarlates.
Ne pas entendre ces hideux volatiles
Est impossible : Par leurs cris, ils appellent
Le rétrécissement de l’âme.

Les cubes arborés se prenaient pour des carrés.
L’être endeuillé et pur ne relève plus l’ironie
De ce monde heureux baigné d’un soleil apaisant.
Il existe une suite éruptive de désirs inassouvis.
Heureux celui qui croit que les barbelés existent,
Au moins ils laissent imaginer l’ailleurs
Par-delà lequel nos esprits aiment à rêver.

Mais les arbres carrés se prenaient pour des cubes.

Ecrit par Olivier ISSAURAT
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