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​Élucubrations du 6 Novembre 2026

Un gap dans le continuum temporel

   Alors re manifestation. Bientôt je passe plus de temps à gueuler « Siamo toute anti fasciste » dans les rues parisiennes que chez moi dans la campagne champêtre banlieusarde. Très verticale la campagne champêtre. Donc me voilà en marcher rue Magenta après moult péripéties décrétées par le préfet qui aime bien mettre des bâtons dans les roues du piéton revanchard. Notre ami de la rigolade répressive avait interdit aux convois populaires de s’arrêter en gare de chez moi. Mais le voyageur est fourbe et hop contournement de la banlieue pour finir quand même dans la rue en hommage à la célèbre bataille italienne qui s’est déroulée le 4 juin 1859. Je vous laisse chercher.

   Juste un point technique, j’ai une longue pratique de la promenade revendicative et l’habitude voulait que ce soit les syndicats qui se chargent de l’avancée du défilé. Poussez pas derrière et pas trop vite devant était leur mot d’ordre. Bien entendu en se coordonnant avec la police. Un.e lecteurice attentif pourrait trouver cette alliance quelque peu étonnante, je souscris. Voici la raison qui m’a fait quitter le S.O.* comme on dit dans le milieu. « Mais alors… », se demande le.a même lecteurice curieux.se, cette fois, « qui s’occupe de réguler les cortèges ? » Bonne question mon ami.e. En remontant je me suis trouvez nez à nez avec les forces de l’ordre qui étaient carrément devant les manifestants pour les empêcher d’avancer et décider du moment où reprendre la promenade sus-nommée. C’est vraiment une méthode pour chercher l’affrontement ? Non ?

   Une fois à Nation, au lieu de la Concorde, ce qui aurait peu être un bon signe envoyé par le gouvernement. Non il a préféré rappeler que c’était la Nation qui décidait, point barre. Donc une fois à Nation, je descends dans le métro du même nom. Je vois poindre votre inquiétude dans vos jolis yeux délicats, hé bien non pas de contrôle. Pourtant y avait du CRS à gogo, mais les consignes ont dû changer grâce à mes remarques (voir élucubrations du 1er Novembre). Je plaisante, c’est juste que l’arbitraire règne en maître comme dans les tribunaux. Je peux développer si vous voulez ? Non, tant pis, sinon je vous aurais expliquer que lors des audiences dernières au tribunal de Clichy, dans une chambre tout le monde est sorti libre, dans l’autre, tout le monde en détention en attendant la suite du procès. Je dis ça, je dis rien.

   J’arrive donc dans le métro pénard, j’étais au terminus de la ligne 2. Il y avait deux métros en attente, un départ dans zéro minute et un départ dans 3 minutes. Qu’est-ce que vous auriez fait ? Départ dans 0 minute, je suppose, comme moi. Mais un élément étrange m’a alerté. D’où le gap dans le continuum temporel. L’autre rame était remplie de péquins** alors que l’autre était vide. Je m’en vais vérifier si celle remplie de braves clampins, est la bonne. J’observe les petites lumières, elles vont jusqu’à la Chapelle. Me voici rassuré, je fais un pas en avant et là, le gap, pas dans le continuum, mais le trou, le vrai. Me voici aspiré dans le vide sidéral, descente illico en sous-sol. Là je me retrouve à plat ventre sur le sol du wagon. Je réfléchis un moment, sous le regard effaré des voyageurs. Y a pas de sous-sol dans les rames de métro, en général l’étage est au-dessus, très très exceptionnellement au-dessous. Mon pied s’était glissé malicieusement entre le bord du quai et le bord de la rame pour s’enfilé dans l’intervalle et me faire glisser jusqu’au bassin, la jambe dans le vide. Heureusement des amis de la RATP m’ont attrapé sous les bras pour me sortir de ce merdier sinon j’y serais encore et nouveau gap dans le continuum temporel – j’aime bien cette expression comme vous avez dû le remarquer – pas de chronique. Pas de chronique pour qui ? Bah pour personne, certainement, puisque vous vous obstinez à pas donner de nouvelles.

   * Service d’Ordre. Depuis que j’ai viré anar, tout ce qui parle d’ordre me chiffonne !

   ** Pour les ennemi.es du racisme ordinaire qui sont le bienvenu.es sur ce site antifasciste et anticapitalo, ça ne vient pas de Pékin. Donc aucune référence à nos ami.es chinois dans une énonciation péjorative. Il semblerait que ça puisse venir de l’occitan. Ça vous en bouche un coin, non ? Bah moi aussi.

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E-mail : anne_arko_zazou@proton.me

Y a un précédent à la chose !

Élucubrations passées :

​Elles viendront dans un futur plus ou moins proche

… qui  ne saurait tarder.

Sauf en cas de gap dans le continuum temporel !

 

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